Depuis l’arivée d’Edovino au Village by CA Centre Est, j’ai fais la connaissance de nombreux profils tout aussi originaux les uns que les autres. Beaucoup d’hédonistes d’ailleurs. Forcément, l’arrivée d’une start-up dédié au vin a intrigué et noué des relations, beaucoup de discussions pendant les pauses cafés. L’une de ses entrepreneurs que je souhaite vous présenter aujourd’hui, a monté son projet de vie, en vert et contre tous. Dans un secteur bien précis, loin de la technologie, et avec un nom bien affirmé et original : LA BELLE BOUSE. C’est pourquoi je me devais de vous partager son portrait. Place à Sophie Anaf de la Belle Bouse !

Sophie, comment est-ce qu’une diplômée en Architecture des jardins se lance un jour dans l’entrepreneuriat ?

Après 6 mois de recherche de travail dans un bureau d’étude d’architecte paysagiste (en 2015). La période n’était pas propice à l’embauche dans le milieu de l’architecture. Beaucoup d’architectes fermaient leurs bureaux d’études en indépendant pour se réunir afin de pouvoir pallier la crise.


J’ai donc travaillé à cette époque à mon compte pendant 2 ans.
Travailler à son compte en sortant d’école d’architecture c’est très dur. Nous ne sommes pas armés pour. J’ai clairement fait toutes les erreurs possibles : (jobs sous-payés, ne pas compter ses heures pour ses clients). J’ai exercé deux ans en indépendant, fait des partenariats avec des paysagistes, créé mon réseau de clients. C’est, je pense, une introduction à l’entrepreneuriat.


Puis la vie est faite de rencontres et je rencontre un entrepreneur qui a été mon conjoint pendant 2 ans. Je pense qu’il a été le vrai déclencheur de ce mode de vie. Car oui l’entrepreneuriat est un mode de vie.
Ma curiosité et mes engagements pour l’écologie avaient besoin de s’exprimer autrement que dans cette monotonie de conceptrice paysagiste.

J’ai donc voulu m’engager dans le combat pour l’écologie et le sauvetage de la planète, mais à mon échelle. J’avais au début de mes études d’agronomie, découvert le film « Le monde selon Monsanto ». À partir de ce moment-là, j’étais animé par l’envie de vaincre ces multinationales qui ont le monopole de notre santé (Médicament et Agriculture).

Mais constat à ce moment-là ; « je ne suis pas ingénieur agronome, comment faire ? ». Dans l’agriculture on a parfois juste besoin de bon sens. Je suis donc revenu à la base de l’agriculture avec l’épandage de fumier dans les champs et j’ai voulu proposer ce produit aux agriculteurs urbain. Une bouse de vache produite au plus près de chez nous, pour le bien être de nos potagers urbains. 

Sophie Anaf fondatrice de la Belle Bouse

Pourtant lancer une start-up ne correspond pas vraiment à ton cœur de métier. Est-ce que cette bascule a été difficile à opérer ?

Lors de ma rencontre avec cet entrepreneur, il faisait partie d’un incubateur. Je me suis donc tout de suite fait accompagner. Au départ j’ai été à l’incubateur Beelys qui est parfait pour les entrepreneurs qui ne viennent pas de filière commerce. Il permet de s’initier au milieu du commerce (Business plan…) et de l’entrepreneuriat avec tout l’écosystème lyonnais qui existe.
J’ai ensuite prolongé mon accompagnement avec deux années à l’Incubateur Manufactory de Lyon 3. Lorsque l’on lance sa Start’up, il faut être conscient que nous sommes seuls au quotidien et dans les incubateurs nous sommes avec d’autres entrepreneurs. On s’entraide et on s’enrichit les uns les autres de nos expériences. Puis les rythmes de vies sont tellement différents que ça devient des amis au quotidien qui nous comprennent plus que quiconque.
Cet accompagnement a été bénéfique pour mon développement, mais je viens aussi d’une famille d’entrepreneurs. Ma famille à toujours eux des magasins en indépendant et d’une certaine manière ça influe sur un mode de pensée.      

Est-ce que ton envie de te lancer dans l’entrepreneuriat a été quelque chose de difficile à assumer ? Notamment vis-à-vis de ton entourage.

Non, pas du tout. J’ai eu beaucoup de soutiens de ma famille et de mes amis.

As-tu des moments douté de ton choix d’une vie d’entrepreneur ?

Parfois, il m’arrive de douter, de ne plus savoir pourquoi on fait les choses. Mais ces moments de doutes sont toujours bénéfiques, car ils nous permettent de ré-axer notre projet. Nos convictions et notre ambition sont nos moteurs au quotidien. Il ne faut donc jamais aller à l’encontre de celles-ci.

Sophie Anaf en train de sentir un melon

Tu t’es lancé sur un type de produits bien spécifiques : le fertilisant naturel à base de bouse de vache. Pourquoi ce choix ?

La bouse de vache s’est imposée à moi comme une évidence. Nature, accessible et issu du développement durable.
Le jour où les vaches s’arrêteront de faire caca, mon business s’arrêtera… ce n’ait donc pas près d’arriver. (rire)

Est-ce que tu penses qu’il est difficile d’être soi-même ?

Non. Au contraire, il faut être soit même. Dire ce qu’on pense et faire ce que l’on dit. Même si parfois ça ne fait pas plaisir à entendre il y a toujours une manière de dire les choses. Et l’important c’est la forme que l’on y met.

Edovino c’est avant tout de l’hédonisme et du vin, alors parle-nous de ce que cela représente pour toi.

C’est un principe de vie de profiter des bonnes choses. L’important est de ne pas en abuser. Comme pour le bon vin. Pour moi, le vin représente le terroir français, le chauvinisme de nos régions et est partie intégrante de notre culture française. La France ne serait pas ce qu’elle est sans notre bon vin.

Sophie Anaf au restaurant avec un verre de vin rosé

As-tu un souvenir autour du vin à nous partager ?

Le souvenir qui me revient à ce moment-là autour du vin c’est la première fois que je suis parti faire les vendanges dans le Beaujolais. J’avais 20 ans et c’était avant que je poursuive mes études à Paris. J’étais allé faire les vendanges seule. J’avais adoré l’ambiance qu’il y avait. Nous ramassions les raisins la journée dans les vignes, assignées deux à deux, de part et d’autre des vignes. Nous pouvions discuter, profiter, tout en travaillant. Le porteur venait alléger nos paniers, et le soir nous faisions la fête tous ensemble en buvant et riant jusqu’à que la fatigue nous emporte.

Enfin, comme le veut la tradition de cette rubrique, quels seraient les conseils de vie que tu aurais envie de partager à notre communauté ?

La vie c’est un crédit de temps qui t’est donné. Personne n’a le même crédit et tu ne connais pas le nombre de jours et d’heures qui te reste. L’important c’est donc d’optimiser son temps pour profiter de la vie et jouir de chaque instant qui t’ait donné.

Quand certains disent qu’il travaille juste pour gagner de l’argent et que le reste du temps il profite, je trouve ça triste. Le travail doit être un plaisir, un accomplissement d’une mission qui nous anime au plus profond de soi.

Si certain ne sont pas heureux dans leurs quotidiens posent toi la question de qu’est ce qui te rend vraiment heureux et fait tout pour arriver à ce but.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille qui est semé d’embuches. L’important c’est de positiver de chaque situation, de prendre de la distance par rapport à ce qui t’arrive. Soit heureux tant que de l’air pur vient emplir tes poumons c’est que tu es en vie, et que tout va bien. Profite, danse, chante, voit tes amis ta famille et amuse-toi.

Alex

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